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Bien
met l’argent qui en bon vin l’emploie.
Colin Muset, XVIIIème
Introduction
“On ne produit de grands vins
que dans de beaux paysages » avait coutume de
dire Emile Peynaud. On pourrait ajouter que pour la
Loire, l’élégance et la subtilité
des vins semblent découler naturellement du
paysage. La lente sinuosité du fleuve royal
parcourt comme une succession de tableaux le «
jardin de la France » couronné de demeures
et châteaux, bercés dans une lumière
douce ou l’eau et le ciel se répondent
en permanence.
Le fleuve majestueux et sauvage qui traverse la France
fait l’unité d’une région
viticole par ailleurs fortement marquée par
la diversité des sols et des cépages,
et dans une moindre mesure des climats.
Le vignoble est en grande partie contenu dans un périmètre
classé Patrimoine Mondial de l’humanité
par l’UNESCO.
Mais la notoriété née de l’Histoire
ne suffit pas toujours à faire reconnaître
les vins d’une étonnante diversité.
Beaucoup d’amateurs de vins ignorent par exemple
l’existence du Savennières ou de Bonnezeaux,
qui ont pourtant leur place parmi les plus grands
vins blancs du monde. Les rouges (Saumur Champigny,
Chinon, Saint Nicolas de Bourgeuil) très présents
depuis quinze ans sur les tables d’Ile de France
continuent de progresser et ne sont plus uniquement
les « vins de soif » qui, servis un peu
frais, ont tant de succès sur les terrasses.
De grands vins modernes apparaissent qui offrent une
complexité indéniable tout en restant
d’une approche simple.
Une variété de vins inégalée,
toujours proches de leur terroir, blancs élégants
et subtils, rouges fruités et soyeux, des prix
doux pour le consommateur…tout invite à
la découverte de ce terroir que nous vous proposons
sur ce site.
Un peu d’histoire de la vigne et du
vin en pays de Loire
Des Plantagenêt à Jeanne d’Arc,
de Rabelais à Léonard de Vinci, des
Bourbon aux Orléans, la région porte
partout les empreintes de ceux qui ont marqué
l’histoire.
En matière viticole, l’origine du vignoble
remonte, selon la tradition, à saint Martin
pour la Touraine au Vème siècle. Par
la suite, au VIème siècle, on évoque
la vigne en Limagne, et l’évêque
de Nantes plante de la vigne en Anjou.
C’est aux fondations monastiques que l’on
doit l’extension du vignoble au cours des siècles
suivants.
Le vin y devint abondant. A tel point qu’André
de Fleury relate que vers 1040, pendant la reconstruction
de l’Eglise Saint Martin dans le Sancerrois
suite à un incendie, l’eau vint à
manquer et le maître d’œuvre ordonna
que l’on utilise du vin pour lier le mortier
!
La vallée de la Loire, ouverte aux vents marins
qui tempèrent son vignoble septentrional, permit
aussi aux voiliers de remonter voile déployée
de Nantes à Orléans presque aussi aisément
qu’en sens inverse. Le commerce en fut favorisé,
sitôt après que les invasions Normandes
aient abandonné ces voies navigables. Le développement
de la vigne suivit, et le vin s’exporta de plus
en plus en Angleterre et en Hollande.
Les vins d’Anjou et de Touraine devinrent les
favoris de la table royale Britannique ainsi qu’à
Paris. Ces vins étaient presque exclusivement
de vins blancs, issus du fameux pineau de la Loire,
le Chenin.
Le Val de Loire est aujourd’hui la quatrième
région exportatrice de France, placée
après la Champagne, le Bordelais et la Bourgogne.
Cépages, Terroirs et Appellations du
Val de Loire.
La première définition connue du terroir,
celle d’Olivier de Serres, a toute sa valeur
aujourd’hui : « L’air, la terre,
le complant » En termes modernes, il s’agit
bien de climat et de micro-organismes locaux, de sols
et sous-sols, de cépages… touts ces facteurs
expliquant les nombreuses variations de la vigne.
Le Chenin noir, également
connu sous le nom de Pineau d’Aunis
est le plus vieux des cépages du val de Loire.
Implanté au Xème siècle, il se
fait plus rare aujourd’hui mais a donné
naissance par dérive au Chenin blanc,
extrêmement utilisé en Touraine et en
Anjou. Il donne d’excellents coteaux du Layon,
Savennières et autres Vouvray.
De même, le Sauvignon est aussi
originaire de la région. Il sert dans la composition
de vins blancs secs comme le Sancerre et le Pouilly
fumé. L’exploitation de ce cépage
a fortement ralenti durant les 30 dernières
années, mais on assiste simultanément
à l’essor d’un autre variété
de vigne de renom : le Cabernet-Franc
(Chinon rouge).
C’est au cœur du pays Nantais que l’on
trouvera la très célèbre appellation
du Muscadet sous deux AOC principales : le Muscadet
Sèvre et Maine ainsi que le Muscadet des Coteaux
de la Loire. Le Muscadet, issu du cépage du
même nom est un vin vif, floral et fruité,
agréable à déguster avec des
fruits de mer par exemple.
Le Grolleau est un des autres cépages
dominants de la région bien que n’ayant
été implanté en Touraine et Anjou
au XIXème siècle. Il produit un vin
rosé très typique (Rosé de Loire
et Rosé d’Anjou) et très agréable
en été. C’est cette variété
qui peu a peu remplacé le Chenin noir.
Le Gamay (ou Gamay noir à
jus blanc), à citer dans la catégories
des cépages plus productifs comme le Grolleau
est notamment utilisé pour produire des vins
rouges des appellations Anjou et Touraine comme l’Anjou-Gamay
ou encore le Gamay Primeur. Il s’utilise aussi
pur ou assemblé avec du Pineau d’Aunis
pour donner des vins rosés ; et nous citerons
le Cheverny en exemple.
Nous pourrons également rencontrer quelques
autres cépages en Val de Loire comme le Chardonnay,
le Côt (nommé aussi
Malbec), le Meunier
N, l’Arbois, mais ceux ci sont
plus rares et sont souvent utilisés
en assemblage.
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